Connaissez-vous le hêtre, champion du bois de chauffage, mais aussi ?

o    Un peu d’étymologie…
o    La localisation et l’habitat du hêtre…
o    Un collosse sensible…
o    Quel bel arbre !
o    Un bois de chauffage recherché…
o    Des usages moins connus mais traditionnels…
o    Le fau de Verzy, un hêtre remarquable de plus de 500 ans…




Un peu d’étymologie

Le hêtre est aussi appellé faillard ou fau ou faouet. Si le mot hêtre vient du nom allemand « haster » au 13è siècle, le nom fayard tire son origine du latin « fagus ». Le hêtre commun en France, Fagus Sylvatica, a des cousins en Amérique, au Chili, en Orient.


La localisation et l’habitat du hêtre

Les hêtres sont très répendus en Europe Centrale jusqu’aux Carpates où se trouvent de très belles hêtraies. Essentiellement rustique, le hêtre est indifférent à la nature du sol mais il se plait dans des zones à atmosphère humide. Il est sensible au froid à partir de – 20° et aux grandes chaleurs, encore plus aux grandes sécheresses. Selon l’INRA, l’Institut National de Recherche Agronomique, il pourrait avoir disparu de France en 2100 si les hypothèses de réchauffement climatique se confirmaient. Les jeunes pousses se développent à l’abri des forêts ombragées, attendant des coupes pour pousser alors rapidement dans les éclaircies.


Un collosse sensible

Sa hauteur de 30 à 40 mètres et son son diamètre maximun de 1,5 mètres confère au hêtre une majesté exceptionnelle lorsqu’il s’épanouit dans nos forêts.
Sa durée de vie peut atteindre 200 à 300 ans, voire plus, mais ses racines superficielles ne lui assurent pas un très bon ancrage dans le sol. Ses longues branches horizontales donnant une prise au vent qui l’exposent également au déracinement lors des fortes tempêtes.
C’est à sa croissance lente qu’on lui doit un bois dense et dur. Il peut également se montrer sensible au mildiou, aux pucerons lanigères et aux cochenilles. Sec, il est particulièrement vulnérable aux termites.


Quel bel arbre !

Dans les bois, il est facilement identifiable à son joli tronc cylindrique régulier. Son écorce gris argenté et ses feuilles de 8/9 cm d’un vert brillant aux bords légèrement poilues ne laissent pas le promeneur indifférent. Il fructifie à partir de 60 ans environ, produisant des faines.


Un bois de chauffage recherché

Le hêtre appartient à la catégorie I, celle des meilleurs bois de chauffage avec le chêne, le charme, l’orme, le frêne et l’érable. Ce classement est obtenu en fonction de la chaleur fournie par une unité de volume précise (à niveau d’humidité égale, bois fendu, sans écorce). Le hêtre a ainsi un pouvoir calorifique estimé à 2000 kw. Son feu est caractérisé par une flamme vive claire, de faibles fumées et un faible taux d’encrassement.


Des usages moins connus mais traditionnels

Jadis les fruits du hêtre, les faines, étaient consommées par les porcs, parfois par les humains en cas de disette. L’huile des faines était aussi extraite afin de produire  de l’huile alimentaire et de l’huile lampante utilisée pour s’éclairer. Cette huile possède également des propriétés vermifuges.
Mais savez-vous que vous pouvez consommer en salades les exquises jeunes feuilles du hêtre ?
Le bois du hêtre est recherché en raison de sa dureté et de son homogénéité. Les menuisiers l’utilisent pour réaliser des meubles et des sièges de style. Les luthiers en font des instruments de musique. Autrefois des jouets en bois, des pinces à linge, des sabots étaient fabriqués en hêtre.
Son charbon de bois était également très prisé pour la siderurgie des minéraux et à ce titre les forêts de hêtres ont été surexploitées, souvent remplacées par des jeunes chênes. Par combustion incomplète, le hêtre délivre un goudron qui, distillé, produit la créosote, utilisée pour traiter les poteaux électriques, les traverses de chemin de fer et…les caries dentaires en raison de ses vertues antiseptiques et antifongiques !
Enfin, avec le sapin et le genet, le hêtre est considéré comme un des meilleurs bois pour fumer les viandes, jambons, lard et saucisses de porcs de mon enfance…


Le fau de Verzy, un hêtre remarquable de plus de 500 ans

Fau de verzy

Connaissez-vous ce chef d’oeuvre de la nature ? Imaginez une forêt parfaitement délimitée, entre Reims et Epernay. S’épanouissent-là, sur plusieurs dizaines d’hectares, d’étranges hêtres de petites tailles, pas plus de 10 mètres. Les troncs et les branches sont tordues à l’extrème, évoquant d’étranges sculptures, évoquant les contorsions d’innombrables danseurs. Ce spectacle dans les brumes matinales d’automne vous est offert par dame nature ! Les branches y sont si basses qu’elles frôlent le sol et peuvent y reprendre racines.
On sait qu’un ermite habita ces lieux au VI siècle et qu’une abbaye y fut construite en 644, puis fut détruite à la Révolution. Le botaniste Carrière écrivait en 1863 : « on ne sait que penser de ces monstres qui semblent être une énigme jetée aux savants, un défi porté à toutes les théories végétales ».
Malédiction prononcée par un moine à l’encontre des habitants de Verzy ? Mutation génétique ? Virus ? Rayonnements telluriques ? Mais combien de temps durera ce phénomène ? La biodiversité n’est pas toujours bien comprise par les promeneurs qui ont piétiné ces lieux aujourd’hui protégés, réduisant le marcottage, hypothéquant l’avenir de ces hêtres et de cette forêt exceptionnelle.


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